Contexte général et problématique
La santé de la personne ne peut être appréhendée indépendamment de la santé et des conditions de vie de la collectivité à laquelle elle appartient. Par ailleurs, la santé d’un groupe ou d’une population constitue une globalité qui ne se réduit pas à la somme des états de santé de chacun. Ces problèmes aujourd’hui bien connus sont à la base de l’idée de santé publique et, plus récemment, de santé communautaire. La famille en tant que cellule en constitue le modèle fondamental. Elle représente en outre une valeur incontestée.
Suivant cette perspective, la prise en charge et le soutien de familles dysfonctionnelles ou confrontées à des situations difficiles (ruptures, deuil, précarité, délinquance…) peuvent être considérés comme une priorité en matière de santé publique.
Face à ce constat, des chercheurs et des cliniciens réunis en comité scientifique, présidé par Monsieur le Professeur Philippe GUTTON, et répondant à la stratégie de Lisbonne (lors du Conseil européen de Lisbonne de mars 2000), fondée sur la promotion de la recherche et de l’innovation, ont pris l’initiative de créer le Centre de Pratiques Familiales (C.P.F.).
Il s’agit dans ce projet d’améliorer l’information, l’orientation et l’individualisation des formations, et de développer l’accès à la validation.
I / Objectifs
Pour y parvenir il se fixe trois objectifs:
1 / Améliorer l’information en matière de santé mentale touchant la famille par un séminaire pluridisciplinaire consacré à « La Parentalité ». Ce séminaire favorise le développement de la recherche clinique et thérapeutique dont le but est d’approfondir les notions de parenté et de parentalité dans les domaines de la psychopathologie et de la psychanalyse.
Il participe aux actions de formation auprès des professionnels de la santé, de l’éducation et de la justice engagés auprès de familles : travailleurs médico-psycho-sociaux, psychologues, médecins, juristes…
Cette action a pour but d’améliorer l’information des publics grâce aux nouvelles pratiques en assurant la mise en commun d’informations aujourd’hui dispersées entre les acteurs de professions différentes.
2 / Renforcer la capacité à réagir rapidement face aux dysfonctionnements familiaux susceptibles de mettre en péril l’équilibre de la cellule et, a fortiori, de la collectivité, en proposant aux professionnels une « Formation aux Pratiques Cliniques avec la Famille » (niveau requis : Bac + 5 ou Bac + 4 avec expérience professionnelle ayant valeur d’équivalence).
Cette formation a quatre objectifs principaux :
* Fournir aux étudiants les outils théoriques et pratiques d’une approche familiale originale intégrant les recherches contemporaines en anthropologie, sociologie et psychologie clinique.
* Intégrer différents modèles d’intervention à partir des théories psychanalytique et systémique dans la clinique de familles en difficulté.
* Réfléchir sur les modalités d’intervention familiale, en particulier à l’occasion des symptômes présentés par divers membres de la famille.
* Développer ces pratiques dans des contextes institutionnels variés : école, hôpital, services éducatifs, système judiciaire (suivis sous mandat par exemple…)
Cette action contribue à la construction d’un système plus adapté aux nouvelles données du monde du travail. Elle favorise l’accompagnement des travailleurs sociaux confrontés, dans leur travail, aux mutations d’une société en pleine évolution.
3 / Promouvoir la santé mentale en prenant en compte les facteurs déterminants grâce à des conférences-débats et des colloques facilitant l’échange entre le public et les professionnels. Les communications s’attachent à présenter les recherches récentes dans le domaine de la parentalité ainsi que les dispositifs de prise en charge clinique actuellement existants (psychanalytique et systémique).
Cette action englobe la création d’activités et le développement du potentiel humain en matière de recherche, sciences et technologie. Il a comme objectif de moderniser les organisations du travail, de développer les compétences et de favoriser l’innovation et la recherche.
Dans le souci de répondre à ces objectifs, le C.P.F. œuvre pour la constitution d’un réseau de professionnels et le partage de compétences, contribuant ainsi à la diffusion des informations et à la promotion des postes.
II / Priorités
Le Centre de Pratiques Familiales a pour principale mission de soutenir l’adaptation et la modernisation des politiques et des systèmes de formation et d’emploi.
Ses principales priorités sont :
- Lutter contre le chômage en facilitant l’accès au marché de l’emploi.
La profession de psychologues étant particulièrement touchée par ce phénomène, le C.P.F. met en œuvre une formation innovante qui donne aux professionnels une plus grande polyvalence tant sur le plan théorique que pratique. Cette formation permet aux professionnels de promouvoir des méthodes nouvelles et d’accéder plus facilement aux marchés de l’emploi.
- Favoriser l’égalité des chances entre les femmes et les hommes sur le marché du travail.
Cette formation représentée par 20% d’hommes et 80 % de femmes aide plus particulièrement à l’insertion des femmes sur le marché du travail.
LeC.P.F. contribue à l’amélioration de l’accès et de la participation des femmes au marché du travail en développant des carrières professionnelles des femmes.
- Aider au développement des compétences et des qualifications professionnelles.
L’enseignement (psychanalytique et systémique) d’obédience variée et complémentaire est prononcé par des personnalités reconnues sur le plan national, européen et international.
Le C.P.F. a comme objectif de développer l’accès à la validation de l’expérience professionnelle et personnelle. Il promeut un dispositif de formation indiquant systématiquement la validation préalable des acquis professionnels.
- Stimuler la création d’emplois.
Les partenaires européens et le C.P.F s’engagent respectivement à accueillir des stagiaires.
Le C.P.F. travaille en convention avec quinze lieux de stages. Ces différentes structures motivées par l’enseignement prodigué oeuvre à la création de postes pour leurs stagiaires.
Mise en oeuvre
Compte tenu des objectifs que se fixe l’association, le C.P.F. met à la disposition de ses usagers, professionnels ou familles, cinq grandes actions s’intégrant chacune dans un programme plus vaste de prévention et d’éducation à la santé :
1 / La mise en place de réseaux : Les pratiques se développent dans des contextes institutionnels variés : école, hôpital, services éducatifs, systèmes judiciaires… Ces institutions travaillent en partenariat au plan local, régional, national et européen.
Cette action contribue aux « Politiques actives du marché du travail ». Elle a pour objectif par la mise en place d’un partenariat avec diverses structures, de lutter contre le chômage en améliorant l’orientation et la définition des projets de formation des demandeurs d’emploi par le développement des formations qualifiantes en accord avec nos partenaires pour les publics du « Nouveau départ » définis à Luxembourg.
2 / Le partage des expériences au moyen d’outils théoriques et pratiques intégrant les recherches contemporaines dans les domaines de la clinique, de l’anthropologie et de la thérapeutique. Cette action se réalise d’une part grâce à des manifestations (séminaires, conférences-débats, colloques) et d’autre part lors de stages pratiques en milieu hospitalier.
Cette action contribue d’une part à favoriser l’innovation et la recherche et d’autre part à accompagner le mouvement de création d’emplois. Les stages permettent de remettre en situation de travail des personnes dans une meilleure adaptation aux évolutions de la société afin de faciliter ou maintenir leur accès au marché du travail. Il s’agit d’appuyer les politiques de l’Etat et des collectivités locales en faveur de l’insertion et contre les exclusions.
3 / La formation, individuelle ou continue. Elle s’adresse à des professionnels engagés dans une pratique clinique : psychologues, médecins et plus généralement travailleurs sociaux confrontés à des familles dysfonctionnelles.
Cette formation s’effectue sur trois années consécutives. 1ère année : Sensibilisation et enseignement aux pratiques familiales ; 2ème année : Approfondissement des données sur la famille et les pratiques familiales ; 3ème année : Spécialisation en pratiques familiales.
Les 1ère et 2ème années constituent un tronc commun au terme duquel l’étudiant rédige un rapport de stage donnant droit à l’Attestation de Formation aux Pratiques Cliniques avec la Famille du C.P.F. d’Aix. La 3ème année ouvre sur la rédaction d’un mémoire. Ce mémoire théorico-clinique se présente sous forme d’article publiable, témoignant d’une maîtrise des concepts et modèles et d’une pratique des entretiens familiaux ou interventions systémiques.
Cette action contribue à développer l’accès à la validation de l’expérience professionnelle et personnelle. Elle promeut un dispositif de formation indiquant systématiquement la validation préalable des acquis professionnels. Elle cherche à améliorer l’information, l’orientation et l’individualisation en particulier grâce aux nouvelles pratiques enseignées, à l’information et aux partages d’expériences.
4 / La prise en charge des familles dysfonctionnelles par le biais de consultations familiales psychanalytiques mais aussi systémiques suppose l’équipement d’une salle appropriée (glace sans teint et matériel vidéo).
Cette action préventive est destinée à soutenir des actions de lutte contre les exclusions en appuyant une logique de prévention et d’aider les familles en difficultés à se réinsérer dans la société.
5 / L’originalité aujourd’hui de cette activité formatrice repose sur une recherche permanente résolument nouvelle. Elle vise à rapprocher diverses théories de la famille, systémique et psychanalytique, deux abords jusqu’alors en opposition plus ou moins violente (y compris institutionnelle et de formation). A ce titre, les enseignants alternent et se retrouvent : nos collaborateurs européens sont des deux tendances.
Cette action oeuvre au développement d’initiatives européennes en matière de formation, de qualification et d’adaptation des travailleurs en favorisant les actions à l’échelle européenne développant l’investissement en compétences.
L’objectif poursuivi est de concrétiser une stratégie intégrée en matière de protection et d’amélioration de la santé mentale. Dans ce cadre, une attention particulière est accordée à la création de liens avec d’autres programmes et actions communautaires. La finalité de ce projet nécessite la coopération efficace d’États membres et un dialogue important avec nos partenaires.
L’évaluation de l’incidence sur la santé mentale des propositions faites dans le cadre d’autres activités communautaires dans le domaine de la recherche contribue à assurer la cohérence de la stratégie communautaire dans une échelle transnationale.
Synthèse
Le C.P.F a comme ambition de contribuer à la santé publique en proposant aux professionnels et au public un lieu de consultation, de réflexion et de formation dédié à la famille.
Pour y parvenir il se fixe trois objectifs :
1 / Améliorer l’information en matière de santé mentale ;
2 / Renforcer la capacité des acteurs à réagir rapidement face aux disfonctionnements familiaux ;
3 / Promouvoir la santé mentale.
Ces programmes supposent la mise en œuvre de cinq grandes actions :
1 / La constitution de réseaux ;
2 / Le partage des expériences ;
3 / La formation ;
4 / La prise en charge des familles en difficulté ;
5 / Le développement de la recherche.
L’objectif poursuivi est de concrétiser une stratégie intégrée en matière de protection et d’amélioration de la santé. Il est accordé une attention particulière à la création de liens avec d’autres actions communautaires par la mise en place de partenariat sollicitant la coopération d’autres États membres et le dialogue avec nos partenaires.